Test Blu-ray : Le pacte des loups (Metropolitan)

PaysFrance
EditeurMetropolitan
Date de sortie21 octobre 2022
Support1 BD-50 (+1 UHD-100 + 3 DVDs)
RéalisateurChristophe Gans
Durée151 min 06
ZoneB
Format d’image2.35
LanguesFrançais Dolby TrueHD Atmos
AudiodescriptionNon
Sous-titresAucuns

Image

Note : 9 sur 10.

Le Pacte des loups a fait l’objet de nombreuses sorties en DVD au fil des années, mais ce fut moins le cas en HD, malgré une sortie en HD-DVD, une en Blu-ray et plus récemment une en Blu-ray aux USA. La raison ? Sûrement car, de l’aveu même de Christophe Gans dans sa nouvelle discussion avec Jean-Baptiste Thoret (incluse en bonus dans cette édition 2022), le film n’avait en fait jamais connu en copie HD avant la nouvelle restauration 4K maintenant disponible, et tous les Blu-rays parus avant n’étaient basés que sur une source « en fait inappropriée pour un Blu-ray ». Le film est en effet une des toutes premières post-production numériques 2K de l’Histoire.

Proposer une restauration 4K en bonne et due forme a impliqué de remonter un cran plus loin, donnant lieu à une restauration particulièrement gargantuesque puisque le laboratoire Hiventy, avec l’aide de Gans, son monteur Sébastien Prangère et son mixeur Cyril Holtz, est reparti des négatifs non montés du film, triés puis scannés en 4K afin de refaire une post-production en 4K. Le film n’a pas été modifié (à la George Lucas) mais simplement reconstitué à l’identique (SFX, fondus, ralentis, etc) dans un flux techniquement supérieur. Gans d’ailleurs s’en est déjà expliqué, et le refait avec Thoret, expliquant ne pas avoir voulu modifier quoique ce soit, mais simplement permettre au film une meilleure qualité technique grâce à une restauration 4K quitte à avoir du sortir de tels moyens. Le seul ajustement officiellement reconnu est l’étalonnage des scènes avec les effets spéciaux de la Bête, plus fin et permettant une meilleure intégration visuelle du trucage dans les cadres. Cependant, les effets n’ont pas été refaits.

Il va sans dire que le résultat, très compétent, éclate, enterre, atomise les précédents Blu-rays, ce rien qu’en Blu-ray. La définition, la précision, le niveau de détails de la nouvelle restauration est sans commune mesure avec ce qu’on avait pu voir en vidéo jusqu’ici, avec un raffinement des détails fins (typiquement, les cheveux longs visibles ci et là, mais aussi les étoffes des costumes, les accessoires, les décors) totalement au niveau des attentes pour une restauration 4K effectuée à partir des négatifs originaux 35mm. Gros plans (captures 4, 6, 8 ou 10), plans moyens (captures 5 et 9) ou plans larges (captures 7, 14 ou 22) regorgent ainsi de détails fins, appuyés par un rendu naturel possédant une texture argentique préservée (captures 3 et 18 par exemple). On notera tout de même deux incongruités : un plan de coupe en fondus enchaînés assez lisse et pas très beau à la 73ème minute (captures 15 et 16), et surtout une scène entière vers la 53ème minute qui a été nettement dégrainée. D’ailleurs, même le débit vidéo du disque dévisse sur cette scène, passant d’environ 30 à 15 Mbps vu qu’il n’a temporairement plus de texture à encoder. Un choix étrange, car si on pourra discuter du fait de légèrement dégrainer une scène afin de permettre une certaine continuité de la texture au sein du film, cela semble avoir été poussé trop ici loin puisque cela dénote ostentiblement du reste du film, et rappelle par ailleurs (chute du débit incluse) ce même choix d’Hiventy de dégrainer visiblement certaines scènes de Basic Instinct. Heureusement ici, cela ne dure que quelques minutes.

D’ailleurs, s’il y a une autre chose qui a fini à un moment par nous rappeler Basic Instinct, c’est le nouvel étalonnage du film, qui en fera sûrement jaser certains. Le résultat est en effet assez intéressant, et on peut globalement le découper en trois.

Il y a tout un ensemble de scènes assez neutres ou avec des reflets oranges d’éclairage à la bougie (captures 2, 9, 14 ou 24), possédant une palette très cohérente, plutôt neutre/équilibrée et aux noirs appuyés mais noirs quoiqu’il en soit. A ces scènes s’ajoutent quelques scènes en extérieurs jour ou nuit qui paraissent elles aussi plutôt équilibrées dans leur palette (captures 6, 12 et 21). Ces scènes gagnent grandement en saturation et en gestion du contraste, là où les anciens Blu-rays étaient souvent particulièrement ternes (capture 6).

Il y a ensuite un ensemble de scènes tirant dans les bleus (captures 3, 18 et 19 par exemple) où on pourra certainement avoir l’impression de bleus tirant vers ce turquoise-canard-sarcelle plus récurrent ces dernières années que par le passé, et qui donnera du grain à moudre à ceux estimant que ces passages tiennent de la « teal-ification » de certaines restaurations récentes. Combiné à la gestion des hautes lumières dans ces passages mais aussi l’infusion de ces bleus dans les blancs, on peut effectivement trouver que cela peut être un peu plus moderne que ça ne devrait l’être. A titre personnel cependant, ces passages restent suffisamment dynamiques dans leur palette et bien intégrés au sein du film pour que cela ne fasse que modérément hausser les sourcils en visionnage.

Restent enfin et surtout les plans en extérieurs jour, pour lesquels nous avons eu au départ une assez agréable impression, avant au fil du film de nous dire « Hum, ça nous rappelle quand même quelque chose ». Et au final, au bout d’environ 1h15, ça nous est revenu : c’est (donc) Basic Instinct. On retrouve en effet ce quelque chose visible depuis récemment chez Hiventy, à savoir une proposition assez particulière des ciels (captures 7, 8, 17 et 25), rejaillissant en partie sur le reste des éléments dans le cadre (les peaux, typiquement). Ces scènes sont, au final, relativement peu nombreuses sur l’ensemble de la durée du film, mais nul doute qu’il s’agit là des passages les plus questionnables tant ils trahissent clairement quel laboratoire a signé ce résultat (et, donc, qu’on peut décemment supposer que si les travaux avaient été faits, disons, chez Ritrovata ou Eclair, ce sont les scènes qui s’éloigneraient le plus du résultat proposé par Hiventy). Leur aspect général n’est cependant pas non plus celui de Kalidor, où la dérive verte-turquoise du nouvel étalonnage était quasi constante et recouvrait tous les éléments du cadre. Ici, on voit nettement une gestion plus raffinée, permettant ainsi certes une touche reconnaissable mais plus parcimonieuse.

Enfin, l’image a été parfaitement nettoyée et stabilisée, tandis que l’encodage s’adapte parfaitement aux besoins du film.

Son

Note : 9.5 sur 10.

La restauration du film s’est accompagnée d’un remixage du son en Dolby Atmos, ici présenté en Dolby TrueHD et seule piste son incluse sur le disque.

On peut dire que le résultat dépote, tant par son niveau sonore de base (on pourra conseiller de légèrement baisser le son pour éviter les problèmes de voisinage) que son activité (et pourtant, nous ne sommes équipés qu’en 5.1). Le résultat sonore est particulièrement énergique, avec à la rigueur comme seul bémol quelques lignes de texte un peu plus « en dedans », ce qui se ressent d’autant plus qu’aucun sous-titrage ne permettrait de ne pas s’en rendre compte (une absence totale de sous-titres d’ailleurs étonnante en France de nos jours). Tout le reste du film, que ce soit le reste des voix, la musique ou les effets sonores appuient le spectacle et l’action à l’écran, que ce soit le bruit des coups ou des chevauchées à cheval, les cris et bruitages lors des attaques de la Bête, les quelques coups de feu traversant le film et autres passages plus ou moins chargés. Les basses ne sont pas forcément les plus présentes de l’histoire, mais elles appuient elles aussi quelques morceaux choisis, donnant à ces passages une rondeur fort appréciable.

Difficile donc de bouder son plaisir face à ce résultat.

Suppléments

Avant des éditions standard prévues le 9 décembre, Metropolitan éditent (pour le moment) le film uniquement dans un coffret contenant le film en UHD et en Blu-ray dans un steelbook, accompagné de la reprise des trois DVDs de bonus parus en 2001 et 2002 (regroupés dans un digipack dédié), ainsi que le storyboard intégral du film. Le tout est regroupé dans un fourreau extérieur.

Ce n’est cependant pas tout puisqu’on retrouve (au moins sur le Blu-ray du film) les deux commentaires audio de 2001 (un avec Gans, l’autre avec Vincent Cassel et Samuel Le Bihan), mais aussi une nouvelle conversation entre Gans et Jean-Baptiste Thoret (1h 28 min 52, 1080i) où ils discutent du film, sa production, ses thèmes, le lien entre Gans et les critiques du cinéma, la cinéphilie et enfin la restauration du film. On trouve aussi sur le disque la bande annonce originale du film (2 min 10, 1080p restaurée).

Cela donne donc :

UHD du film :

  • Commentaire audio de Christophe Gans (2001)
  • Commentaire audio de Vincent Cassel et Samuel Le Bihan (2001)
  • Nouvelle conversation entre Gans et Jean-Baptiste Thoret (1h 28 min 52, 1080i)

Blu-ray du film :

  • Commentaire audio de Christophe Gans (2001)
  • Commentaire audio de Vincent Cassel et Samuel Le Bihan (2001)
  • Nouvelle conversation entre Gans et Jean-Baptiste Thoret (1h 28 min 52, 1080i)
  • Bande annonce originale du film (2 min 10, 1080p restaurée)

N’ayant reçu que le Blu-ray du film, nous supposons que les trois DVDs de bonus reprennent la quasi totalité des bonus d’époque (on suppose que les modules proposés sous DVD-Rom et les galeries photos ont sauté, notamment). Nous mettrons cette liste à jour une fois plus de détails disponibles, mais en attendant, nous supposons qu’on devrait retrouver, répartis sur les trois DVDs :

  • Making of (80 min)
  • Scènes coupées et clip de plans non utilisés (40 min)
  • Interview de Michel Louis (historien) (17 min)
  • Les entrailles de la bête : documentaire sur le tournage (80 min)
  • La Bête du Gévaudan (Le Tribunal de l’impossible) (100 min)
  • Présentation du film par Christophe Gans et Michel Subiela (26 min)
  • Interview de Christophe Gans par Jean-Pierre Jackson (18 min)
  • Modules Internet

Matériel de test :

ImagePanasonic TX-PF50G20S
SourceZone B : PS3 Slim 250 Go | Zone A : Panasonic BDT-110
SonYamaha RX-V467
EnceintesKit 5.0 : Jamo S606 | Caisson : Jamo Sub210

Scan disc :

Taille Disque49,537,601,748 bytes
Taille Film43,503,396,864 bytes
Encodage VidéoMPEG-4 AVC Video / 29852 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Encodage Audio – VOFrench / Dolby TrueHD/Atmos Audio / 7.1 / 48 kHz / 4541 kbps / 24-bit (AC3 Embedded: 5.1-EX / 48 kHz / 640 kbps / DN -31dB)

Captures d’écran HD :

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