Test Blu-ray : L’homme qui voulut être roi (Wild Side)

PaysFrance
EditeurWild Side
Date de sortie16 décembre 2020
Support1 BD-50
RéalisateurJohn Huston
Durée129 min
ZoneB
Format d’image2.35
LanguesAnglais & Français DTS HD MA 2.0
AudiodescriptionNon
Sous-titresFrançais imposés

Image

Note : 6.5 sur 10.

Ayant-droit français oblige, le master HD utilisé par Wild Side pour leur arlésienne de L’homme qui voulut être roi provient de chez Sony. Il s’agit du master HD exploité en Allemagne chez Explosive Media en décembre 2016 (et qui avait probablement déjà servi pour la sortie française DVD du film en 2002), mais avec semble-t’il une passe de nettoyage supplémentaire effectuée pour l’édition française, et qui est différent du master HD utilisé par Warner en mai 2011 (et qui pourrait être ré-édité dans la branche Warner Archives en janvier 2021).

Malheureusement, si Sony sont régulièrement loués pour le soin apporté à leur catalogue, certains de leurs anciens masters HD montrent de grosses faiblesses, et c’est tristement le cas pour le film de John Huston. Nous sommes en effet assez loin du rendu que permettrait une nouvelle restauration compétente (même simplement en 2K), et même pas vraiment dans le haut du panier des anciens masters HD, Sony nous ayant déjà habitués à mieux que ça. Le principal coupable est la quantité assez importante d’accentuation artificielle appliquée à l’image afin d’essayer de lui donner un peu plus de netteté et de précision. En pratique et en HD, cela n’a jamais permis de masquer les limites visuelles d’un travail un peu trop ancien mais a par contre tendance à ajouter une couche de soucis supplémentaires. C’est tout le problème ici, car cela donne à l’image un rendu excessivement électronique, créant des surcontous régulièrement disgracieux (captures 2 et 3) voire très disgracieux (captures 9 et 12) sans pour autant compenser le manque de finesse de l’image (captures 4, 7 et 10). Cela donne aussi régulièrement à l’image un aspect électronique problématique, en particulier dans les scènes en extérieur jour (captures 12 et 18) mais aussi les intérieurs sombres (capture 19). Au-delà de toute comparaison avec le master HD de Warner, qui a ses propres limites lui aussi (notamment un probable léger dégrainage) mais ne souffre pas du tout de ce problème d’accentuation électronique (comparez par exemple la capture 9 avec la capture 26, la 12 avec la 29, la 18 avec la 31 et le numéro complémentaire la 19 avec la 32), le rendu visuel du film sur le disque Wild Side manque de naturel sans pour autant donner l’impression d’y gagner en détails. En effet, les gros plans ne montrent pas pour autant une foule de détails faciaux ou vestimentaires (captures 4, 11 et 15) tandis que les plans larges peinent eux aussi à s’avérer finement définis. Heureusement, le grain argentique a été en grande partie conservée, ce qui évite d’ajouter des filtres aux filtres.

Cela n’empêche pas l’upgrade HD de se ressentir vis-à-vis de la seule référence précédente en France, c’est à dire le DVD Sony paru en 2002, avec une délinéation bien présente notamment dans certains plans larges (capture 14) tandis que certains plans serrés montrent les détails faciaux habituels (capture 7) mais tout cela reste limité faute d’un remaster ou d’une restauration plus récente.

Le constat est moins tranché sur l’étalonnage. Si certains aspects du film paraissent peut-être étonnamment désaturés (capture 14) et montre une probable dérive magenta comme sur de nombreux anciens masters HD (captures 9 et 14), l’ensemble reste suffisamment équilibré et chatoyant pour ne susciter de doutes outre mesure. Le contraste est peut-être un peu poussé par endroits (capture 5) mais là aussi, sa gestion parait peut-être un peu « à l’ancienne » mais ne pose pas de soucis et permet d’obtenir une image paraissant contrastée de façon adéquate.

Enfin, la propreté de l’image est très satisfaisante, mais on retrouvera les tremblottements de cadre typiques de nombreux masters HD pre-existants.

NB : les captures 1 à 19 sont tirées du disque Wild Side, les captures 20 à 32 sont tirées du disque US Warner 2011.

Son

Note : 7.5 sur 10.

La partie sonore laisse moins circonspect.

Avantage à la VO au rendu plus harmonieux et rond. Le mixage est bien équilibré et offre à la fois une bonne restitution des dialogues, propres et clairs, que des ambiances et de la musique. Sans être particulièrement impressionnante, la piste soutient plutôt bien l’aventure à l’écran. On pourra cependant regretter un manque de projection de la part de la musique du film, qui bénéficierait sans doute elle aussi d’un travail technique plus récent.

La VF reste de bonne facture générale mais a ses dialogues trop en avant, ce qui phagocyte le champ sonore et déséquilibre l’ensemble sonore. En parallèle, elle parait un peu plus voilée et nasillarde, ce que la présence accrue des dialogues fait ressortir d’autant. Cependant, elle conserve un rendu sonore globalement confortable.

Suppléments

Qui dit gros Coffret Collector Limité chez Wild Side dit Gros Livre, et c’est le cas ici puisque l’édition inclut « un livre exclusif grand format de 200 pages écrit par Samuel Blumenfeld et illustré de photos et archives rares ». Nommé « La Matière dont les rêves sont faits, l’Inde à Marrakech », celui-ci contient un texte de Blumenfeld de 29 pages, où l’auteur retrace tel un journal la production du film, depuis les premières adaptations de la nouvelle de Kipling en 1954 jusqu’à la reprise du projet en 1973 et bien évidemment le tournage du film à proprement parler. Blumenfeld en profite pour tisser des liens thématiques entre le film et le reste de la filmographie de Huston, ainsi que pour dépeindre à travers le film les méthodes de tournage, et notamment de direction d’acteurs, du réalisateur.

Il s’agit au final d’un texte couvrant de façon assez extensive le film, mais on pourra regretter qu’il paraisse noyé dans un livre à l’iconographie très importante et finissant par ressembler plus à un portfolio accompagné d’un texte qu’à un « livre écrit par Samuel Blumenfeld et illustré de photos et archives ». L’impression est renforcée par une maquette faisant qu’en plus des nombreuses photos entrecoupant le texte, presque chaque page de texte contient une illustration façon aquarelle du film pouvant prendre presque la moitié basse de la page. Ainsi, si le texte est instructif et bien écrit, et que les photos du tournage sont autant de documents complétant le propos de Blumenfeld sur le tournage du film, on pourra se demander si ce contenu papier n’aurait pas pu être un peu condensé et l’édition proposée, par exemple, en format digibook à 25-30€ (comme peuvent le faire Sidonis ou Rimini, par exemple) plutôt que dans un format si onéreux. Ou si, pour prendre la question dans l’autre sens, les spectateurs intéressés par le film mettrait un tel prix (l’édition étant vendue 69€, on peut estimer que cela revient à payer le livre et son contenu 39-44€) dans ce livre s’il était vendu séparément en librairie.

Là où on sera plus spontanément enthousiastes, c’est sur la partie suppléments vidéo. En effet, si Warner n’avait en son temps accompagné le film que d’un bref making of de 12 minutes, Wild Side le reprend mais ajoute 1h30 de bonus enregistrés pour cette édition. On retrouve ainsi :

  • Quand l’aventure tutoie les sommets (43 min 04, 1080p) : entretien avec Angela Allen (scripte attitrée de Huston) sur le film. A travers son témoignage, on retraverse quasiment tout le tournage du film, comme une sortie de making of indirect. C’est passionnant de bout en bout, notamment car Allen offre un témoignage très riche et complet, et ne s’arrêtant pas (loin de là) à une simple succession d’anecdotes comme certains bonus peuvent parfois le faire.
  • La cité magique (11 min 32, 576i) : making-of d’époque, assez promotionnel et qu’on trouvait en 2011 sur le Blu-ray US du film édité par Warner.
  • Le gentil géant (8 min 05, 1080i, 2003) : entretien avec Danny Huston (fils du réalisateur) sur son père.
  • John, Sean & Michael (21 min 07, 1080i) : Jean-Jacques Annaud évoque le réalisateur et les deux acteurs (en particulier Sean Connery à travers son expérience avec lui pour Le nom de la rose). Une interview régulièrement amusée et amusante, évidemment centrée autour de l’expérience propre d’Annaud, mais un bon moment dans l’ensemble.
  • Loin d’Hollywood : John Huston roi du Kafiristan (17 min 15, 1080i) : entretien avec Jean-Jacques Annaud autour du film et sa place dans le cinéma américain d’aventures tendance épiques. A nouveau, le réalisateur utilise sa propre expérience pour contextualiser le film dans le « canon » hollywoodien du genre mais aussi en quoi il s’en éloigne régulièrement. Un module presque analytique plutôt intéressant, et cette fois plus directement centré sur le film que sur son réalisateur ou ses interprètes.
  • Bande-annonce originale du film (1 min 04, 576i non restaurée)

Matériel de test :

ImagePanasonic TX-PF50G20S
SourceZone B : PS3 Slim 250 Go | Zone A : Panasonic BDT-110
SonYamaha RX-V467
EnceintesKit 5.0 : Jamo S606 | Caisson : Jamo Sub210

Scan disc :

Taille Disque48,605,354,441 bytes
Taille Film30,852,489,216 bytes
Encodage VidéoMPEG-4 AVC Video / 25929 kbps / 1080p / 23.976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Encodage Audio – VOEnglish / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz /  2032 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz /  1509 kbps / 24-bit)
Encodage Audio – VFFrench / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz /  2037 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz /  1509 kbps / 24-bit)

Captures d’écran HD :

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