Test Blu-ray : Les guêpes sont là (Carlotta)

PaysFrance
EditeurCarlotta
Date de sortie05 avril 2022
Support1 BD-50
RéalisateurDharmasena Pathiraja
Durée123 min 44
ZoneB
Format d’image1.37
LanguesSinghalais DTS HD MA 1.0
AudiodescriptionNon
Sous-titresFrançais optionnels

Image

Note : 7.5 sur 10.

Il est toujours plaisant de voir Carlotta revenir sur le défrichage du cinéma du monde qui avait fait leur réputation en DVD et qui peut parfois sembler manquer ces dernières années en Blu-ray. Ici, c’est donc Les guêpes sont là, un inédit sri-lankais qui débarque en Blu-ray, basé sur une restauration 4K effectuée en 2019-2020 par L’immagine Ritrovata à partir de « l’unique positif 35mm restant » pour l’Asian Film Archive (leur première restauration d’un film sud-asiatique), pour un total de 4750 heures de travail.

Une suite de panneaux texte techniques très détaillés informe (et met en garde, en un sens) sur le travail poussé qu’a nécessité l’état des éléments physiques utilisés. Le positif est en effet indiqué comme ayant été très mal stocké, ce qui a généré une importante dégradation chimique de la pellicule. Elle a nécessité un séchage poussé afin d’améliorer son traitement physique et mécanique en vue de sa numérisation. Qui plus est, l’importante déformation physique de cet élément a généré une instabilité de l’image se manifestant par des effets récurrents de dédoublements de l’image (quelques photogrammes nets, suivis de quelques photogrammes flous, avant un retour de la netteté).

Le rendu visuel (et notre note Image) est donc une conséquence de l’état technique de cet élément de départ… mais probablement pas que. Le résultat à l’écran est en effet à la fois variable mais aussi parfois plus qu’hétérogène, pour ne pas dire schizophrénique. On sent en effet très fréquemment à la fois le fait qu’il s’agisse d’une restauration récente et poussée, mais travaillée à partir d’un élément en mauvais état. Ainsi, l’image peut se faire très régulièrement confortable, et au fond au niveau des attentes pour une restauration 4K récente, avec notamment de nombreux plans serrés offrant un bon niveau de détails faciaux (captures 3 et 5) et des plans plus larges proposant des décors détaillés et définis (captures 12 et 24). C’est un peu moins le cas quand la luminosité chute, d’autant qu’il faut composer avec un étalonnage décollant ostensiblement les noirs quitte à donner à ces scènes un aspect voilé, mais les scènes suffisamment lumineuses en profitent largement. Au milieu de cela se trouvent de rares plans autrement plus floues, clairement en retrait et forcément moins convaincantes (captures 10, 17 et 19). Ces passages sont relativement rares mais la chute de définition est évidente. De même, et comme indiqué dans les panneaux texte, plusieurs segments du film souffrent d’une instabilité dédoublant l’image, générant des effets de flous intermittents qui pourront fatiguer les yeux les plus sensibles à ce genre de défaut (cf les captures 6 à 8 et 21-22, qui montrent le changement d’une image consécutive à l’autre).

Pour autant, si tout cela semble provenir de l’élément physique d’origine et donc être des limites irrémédiables, une large partie du film semble tout de même avoir été clairement dégrainée, impression que plusieurs passages autrement plus traditionnellement granuleux ne font par opposition que renforcer (les captures 14, 17, 20, 23 et 25 montrent ces passages nettement granuleux, en opposition au reste du film). Cela donne au film un aspect souvent trop doux et au grain trop atténué, à la limite parfois des visages cireux pour les plans serrés sur les interprètes. Il est malheureusement récurrent que des ayant-droits asiatiques privilégient l’usage intensif de ce type de filtrage numérique destructif (on pense entre autres aux Fleurs de Shanghai), et Les guêpes sont là ne semble pas y avoir échappé. Dommage.

L’étalonnage assez grisâtre, notamment dans sa gestion des noirs (comme indiqué), renforce la visibilité de ce traitement numérique. Difficile de dire ce qui tient de l’intention esthétique d’origine de ce qui ressemble simplement à la signature du laboratoire en N&B, mais en l’état, les scènes les moins lumineuses peuvent paraître voilées et ternes (captures 11, 18 ou 26 par exemple). Les scènes plus lumineuses profitent par contre sans doute de ce résultat, avec des hautes lumières préservées quitte à être très éloignés des limites de blanc et rester dans le gris clair (capture 24). On notera par contre que si la luminosité de l’image a été efficacement stabilisée (pas de pulsations lumineuses), les scènes les plus abîmées tendent à avoir un noir et blanc très « copie d’exploitation », avec un contraste en berne.

Pas grand chose à redire par contre côté nettoyage et stabilisation (donc), malgré l’état de départ de l’élément (qu’on peut voir dans le court module avant/après restauration proposé dans les bonus de cette édition).

Son

Note : 6.5 sur 10.

Côté son, les panneaux texte en début de film nous informent à nouveau des travaux effectués, et pour le coup, certains des outils et termes utilisés inquiètent un peu : on y parle notamment d’égalisation et compression multibandes appliquées à toutes les scènes afin de lisser le bruit excessif et équilibrer la tonalité globale en vue d’une meilleure expérience acoustique.

Sans surprise, le résultat de ces traitements s’entend, avec un filtrage assez poussé des hautes fréquences qui a certes a sans doute permis d’éliminer une partie des défauts de la piste, mais a aussi réduit son spectre sonore à 8 kHz max. Cela limite la piste à une partie congrue dont peinent parfois à s’extirper la musique et les dialogues, avec un rendu régulièrement étriqué et manquant surtout de rondeur et d’ouverture. Le tout peut régulièrement sonner assez sourd, comme ce qu’on a pu entendre sur plusieurs restaurations japonaises par exemple (les films d’Ozu ou de Mizoguchi), avec des voix un peu râpeuses. On peut imaginer sans mal qu’une partie des soucis est héritée, comme pour l’image, de l’état de la source, mais les panneaux texte indiquent aussi clairement que des outils numériques ont été utilisés d’une manière telle qu’on peut au moins leur attribuer une partie du résultat final.

Suppléments

Le principal supplément est Le ver est dans le fruit (25 min 31, 1080p), un entretien avec Gérald Duchaussoy autour du film et de Dharmasena Pathiraja.

On trouvera aussi un court module avant / après restauration (1 min 09, 1080p) ainsi que la bande annonce de la ressortie restaurée du film (1 min 59, 1080p).

Matériel de test :

ImagePanasonic TX-PF50G20S
SourceZone B : PS3 Slim 250 Go | Zone A : Panasonic BDT-110
SonYamaha RX-V467
EnceintesKit 5.0 : Jamo S606 | Caisson : Jamo Sub210

Scan disc :

Taille Disque41,988,439,075 bytes
Taille Film35,016,699,456 bytes
Encodage VidéoMPEG-4 AVC Video / 34857 kbps / 1080p / 23.976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Encodage Audio – VOSinhalese / DTS-HD Master Audio / 1.0 / 48 kHz / 1045 kbps / 24-bit (DTS Core: 1.0 / 48 kHz / 768 kbps / 24-bit)

Captures d’écran HD :

Votre commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s