Test Blu-ray : Trois couleurs (Potemkine)

Visuel du coffret UHD/Blu-ray : Trois couleurs (Potemkine)
PaysFrance
EditeurPotemkine
Date de sortie07 décembre 2021
Support3 BD-50 (+ 3 UHD-66)
RéalisateurKrzysztof Kieslowski
Durée98 min 21 / 91 min 35 / 99 min 13
ZoneB
Format d’image1.85
LanguesFrançais (DTS HD MA 5.1 & 2.0)
AudiodescriptionFrançais
Sous-titresFrançais pour sourds et malentendants (+ Français partiels pour Blanc)

Image

Note : 8.5 sur 10.

Pour leurs premiers UHDs, Potemkine s’aventurent dans un territoire plutôt inattendu avec 4 Kieslowski : La double vie de Véronique ainsi, donc, que la trilogie Bleu Blanc Rouge, chaque film ayant été récemment restauré en 4K par Hiventy à partir de leurs négatifs originaux 35mm.

D’un point de vue du rendu et du niveau de détails, le gain pour les trois films est assez impressionnant, tant pris comme tels mais aussi en comparaison aux précédents Blu-rays. Certes, Bleu et Blanc y étaient restaurés à partir d’un interpositif (Rouge était par contre déjà restauré à partir du négatif), mais comme de nombreuses restaurations HD d’alors, leur finesse et leur précision vieillissent relativement mal. Rien de tout cela ici, avec au contraire une délinéation bien plus précise et fine, une texture argentique (et le grain pellicule qui va avec) autrement mieux restituée, et un aspect vierge de filtrage numérique intrusif (là où les anciens masters paraissent posséder une légère touche d’accentuation artificielle). Le gain en détails fins et en piqué est notable sur les trois films (captures 13 et 15 sur Bleu, 13 et 17 sur Blanc, 7 et 13 sur Rouge), pour un résultat d’une qualité indéniable, tant dans les plans larges que serrés. Tout juste pourra-t’on noter quelques plans légèrement plus épais, en particulier sur Bleu (captures 27 et 28), et une compression mettant parfois à mal la texture fine de l’image, en particulier sur Blanc et Rouge (cf plus bas).

C’est côté étalonnage que les restaurations feront (et font déjà) plus polémiques, rappelant par certains aspects ce qui a pu être discuté sur Le cercle rouge en 2020. D’une part, rétrospectivement (et c’est d’autant plus intéressant que ce sont des travaux effectués chez Eclair), il semble assez clair que les anciens masters étaient excessivement neutralisés du côté des couleurs, avec une palette générale assez terne, peu saturée et dérivant en plus dans le magenta. On trouve aussi des hautes lumières régulièrement brûlées, tout autant de signes d’étalonnages « à l’ancienne » et dont on peut légitimement douter (a fortiori avec 10 ans de recul) de leur fidélité. D’autre part, il y a cette (trop) courte vidéo postée par Potemkine et Hiventy à propos de ces restaurations et comparant notamment l’étalonnage de la nouvelle restauration de Bleu à une copie d’exploitation 35mm, et où la proximité entre les deux est particulièrement convaincante à première vue (Jérôme Bigueur y note d’ailleurs lui aussi l’aspect très neutre de l’ancien master). Enfin, cela se rapproche, en un sens, du travail d’Idziak et Kieslowski sur La double vie de Véronique, en particulier dans le renforcement de la saturation des couleurs et du contraste ainsi qu’une tendance à marquer les jaunes. On pourra cependant nuancer cela en disant cependant que si le résultat rappelle ce qui a pu être discuté sur Le cercle rouge, c’est que le marquage des jaunes se fait d’une manière relativement reconnaissable de la part du laboratoire (capture 5 sur Bleu, 7 sur Blanc et 11 sur Rouge), et qui n’est sans trop de doute pas ce qu’on aurait obtenu si les restaurations avaient été effectuées chez VDM, Ritrovata ou (très clairement) Eclair. De fait, qui plus est par comparaison avec ces anciens masters excessivement neutres, il est certain que les nouveaux étalonnages peuvent laisser perplexes.

Ce (long) point mis à part, aux quelques exemples mentionnés plus haut près, le résultat s’avère pour autant plutôt convaincant quand on le prend comme ça. Blanc en particulier trouve un équilibre plutôt intéressant entre la déneutralisation des couleurs, leur saturation et le maintien d’une palette relativement « neutre ». On trouve encore un aspect un peu jauni, mais, précisément comme sur Le cercle rouge, cela reste suffisamment contenu pour s’intégrer de manière organique dans l’ensemble de l’étalonnage, et plusieurs passages du film sont d’ailleurs finalement assez proches dans leur palette globale de l’ancien étalonnage (captures 11 vs 12 ou 17 vs 18). Qui plus est, cela n’empêche pas la palette de conserver une dynamique appréciable. C’est aussi le cas pour Rouge, qui conserve globalement ses éclats rougeoyants (captures 3, 23 et 25 par exemple), mais on constatera des scènes de nuit devenant pas seulement plus saturées mais aussi tout de même légèrement verdâtres (capture 5), ainsi que certains plans dont on pourra trouver les éclats de rouge maintenant masqués (captures 1 vs 2 et 27 vs 28). On retrouve cependant ce qui ressemble effectivement à l’aspect « sépia » discuté par Jérôme Bigueur dans la vidéo (capture 11), aspect probablement renforcé par le contraste plus marqué que par le passé. Enfin, Bleu est peut-être le film au changement le plus frappant. Si on trouve là encore des ancrages proches de l’ancien étalonnage (capture 1 vs 2, par exemple), on trouve la même logique que sur les deux autres films, à savoir un contraste plus marqué, une déneutralisation des couleurs, l’élimination de la dérive magenta (visible notamment sur les captures 6, 8 et 18) et une meilleure gestion des hautes lumières, tout cela accompagné cependant d’une direction nette vers un renforcement des jaunes et des verts (captures 5, 15 ou 21), pour un rendu parfois comme doré (capture 21). Cela ne fait pas pour autant disparaître les bleus, qui restent encore bien présents (captures 7, 11, 13 ou 19) mais s’accompagnent maintenant ici d’autres couleurs plus saturées elles aussi (captures 7 et 12 en particulier). Des trois films, c’est celui qui rappelle maintenant le plus le style photographique de La double vie de Véronique.

A noter par ailleurs un cadrage différent des anciens masters HD sur l’ensemble des trois films, les nouvelles restaurations 4K contenant généralement plus d’informations (ce sur l’ensemble des quatre côtés).

Pas grand chose à noter côté stabilité et nettoyage, très efficacement effectués et dont il ne subsiste que quelques rares micro-rayures ou poussières (et un début de plan scintillant sur Blanc à la 63e minute)

Enfin, on notera que malgré des débits vidéo confortables, la compression des trois Blu-ray s’avère régulièrement limite, en particulier sur Blanc (captures 9 et captures 27 vs 28 et 29 vs 30), mais Bleu (captures 29 vs 30) et Rouge (captures 3, 5 et 9) n’en sont pas exempts pour autant. Les nombreux aplats colorés des films n’aident très clairement pas (en particulier sur Rouge), mais a minima, l’aspect cyclique de l’effondrement du grain semble pointer une part non négligeable de responsabilité dans les réglages de l’encodeur.

NB : dans les couples de captures comparatives ci-dessous, à chaque fois, la première capture est issue du nouveau Blu-ray 2021 et la seconde du Blu-ray Criterion US.

Son

Note : 9 sur 10.

Chaque film possède une piste 5.1 et une piste 2.0 (sachant que les films ont été originellement mixés en Dolby Surround). Nous avons principalement regardé les films via les pistes 5.1.

Les trois films profitent de pistes son souvent impressionnantes, avec un rendu ample, ouvert et dynamique bénéficiant tout particulièrement à la musique et aux effets d’ambiance, là où les dialogues sont plus dans la retenue, en particulier sur Bleu. Cela n’empêche pas une clarté et un rendu frais, appuyé quand il le faut par une dynamique efficace et même une reprise agréablement surprenante dans les graves. Le confort d’écoute se fait particulièrement agréable, avec une belle capacité à se projeter vers le spectateur et une utilisation convaincante des enceintes arrière. Du beau travail.

Suppléments

Le coffret se présente sous forme d’un fourreau cartonné souple contenant 3 digipacks, un pour chaque film (UHD + Blu-ray). Chaque Blu-ray contient des suppléments.

Bleu :

  • Nouvel entretien avec Marin Karmitz (31 min 37, 1080i)
  • Le film vu par Alain Martin (20 min 57, 1080i)
  • Leçon de cinéma par Kieslowski (7 min 33, 576i, 1994)
  • Scènes commentées par Juliette Binoche (23 min 22, 576i, 2001)
  • Entretien avec Jacques Witta, monteur du film (14 min 37, 576i, 2001)
  • Présentation (optionnelle) du film par Annette Insdorf (8 min 52, 1080p)

Blanc :

  • Nouvel entretien avec Julie Delpy (24 min 24, 1080i)
  • Nouvel entretien avec Urszula Lesiak (18 min 47, 1080i)
  • Le film vu par Alain Martin (11 min 22, 1080i)
  • Leçon de cinéma par Kieslowski (10 min 48, 576i, 1994)
  • Making of (17 min 06, 1080i upscalé)
  • Présentation (optionnelle) du film par Annette Insdorf (8 min 20, 1080p)

Rouge :

  • Nouvel entretien avec Irène Jacob (22 min 37, 1080i)
  • Le film vu par Alain Martin (18 min 48, 1080i)
  • Leçon de cinéma par Kieslowski (8 min 41, 576i, 1994)
  • Entretien avec Jacques Witta, monteur du film (15 min 19, 576i, 2001)
  • Making of (23 min 30, 1080i upscalé)
  • Documentaire sur la venue de l’équipe du film au festival de Cannes 1994 (15 min 11, 1080i upscalé)
  • Présentation (optionnelle) du film par Annette Insdorf (8 min 37, 1080p)

Matériel de test :

ImagePanasonic TX-PF50G20S
SourceZone B : PS3 Slim 250 Go | Zone A : Panasonic BDT-110
SonYamaha RX-V467
EnceintesKit 5.0 : Jamo S606 | Caisson : Jamo Sub210

Scan disc :

Bleu :

Taille Disque49,050,475,280 bytes
Taille Film29,483,324,544 bytes
Encodage VidéoMPEG-4 AVC Video / 30004 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Encodage Audio – VOFrench / DTS-HD Master Audio / 5.1 / 48 kHz / 3303 kbps / 24-bit (DTS Core: 5.1 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Encodage Audio – VOFrench / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 2085 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)

Blanc :

Taille Disque46,707,015,445 bytes
Taille Film27,615,977,472 bytes
Encodage VidéoMPEG-4 AVC Video / 29973 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Encodage Audio – VOFrench / DTS-HD Master Audio / 5.1 / 48 kHz / 3511 kbps / 24-bit (DTS Core: 5.1 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Encodage Audio – VOFrench / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 2122 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)

Rouge :

Taille Disque46,860,670,006 bytes
Taille Film29,895,063,552 bytes
Encodage VidéoMPEG-4 AVC Video / 29915 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Encodage Audio – VOFrench / DTS-HD Master Audio / 5.1 / 48 kHz / 3536 kbps / 24-bit (DTS Core: 5.1 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Encodage Audio – VOFrench / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 2128 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)

Captures d’écran HD :

Bleu :

Blanc :

Rouge :

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