Test Blu-ray : Les aventures d’Antoine Doinel (Carlotta)

Viisuel du coffret Blu-ray : Les aventures d'Antoine Doinel (Carlotta)
PaysFrance
EditeurCarlotta
Date de sortie01 décembre 2021
Support4 BD-50
RéalisateurFrançois Truffaut
Durée99 min 44 / 30 min 44 / 91 min 32 / 97 min 39 / 95 min 18
ZoneB
Format d’image2.35 / 1.66
LanguesFrançais DTS HD MA 1.0
AudiodescriptionFrançais
Sous-titresFrançais pour sourds et malentendants

Image

Note : 8.5 sur 10.

NB : Dans les galeries de captures d’écran ci-dessous, nous proposons des jeux de captures comparatives pour Les 400 coups (captures 10 à 29, Carlotta en 1er / Criterion US en 2nd) et pour L’amour en fuite (captures 9 à 22, Carlotta en 1er / Artificial Eye UK en 2nd).

Les 5 films composant le cycle Antoine Doinel chez François Truffaut ont été restaurés en 2020 en grandes pompes, puisque tous ont fait l’objet de restaurations 4K HDR. Les 400 coups et Antoine et Colette ont été restaurés par les laboratoires Eclair, Baisers volés, Domicile conjugal et L’amour en fuite par les laboratoires Hiventy, dans les cinq cas avec des restaurations et des étalonnages supervisés par Guillaume Schiffman assisté d’Eric Vallée.

En un sens, on peut couper en deux les rendus visuels : les films en noir et blanc d’un côté, et les films en couleurs de l’autre, et du point de vue de la finesse et des textures, les films en couleurs paraissent plus convaincants.

Assez clairement, Antoine et Colette en particulier est nettement en-dessous des autres films. Malgré un flux technique a priori similaire à celui des quatre autres films, le film propose une image à l’aspect hétérogène et fréquemment excessivement lisse, rappelant celui vu il y a peu sur Le jour et l’heure : des éléments lumineux plutôt bien lotis, avec un rendu argentique fin et plaisant mais des zones sombres lisses et sans vie, couplées à un décollement poussé des noirs ne présentant pas pour autant de détails visibles. Cette combinaison donne à l’image un aspect inélégamment numérique et parfois voilée, d’autant que le film possède de nombreux passages moins éclairés (captures 2, 3 et 6). On notera aussi des changements particulièrement intenses de texture, avec quelques passages extrêmement granuleux (captures 5 et 9). Quand la luminosité le permet cependant, le rendu visuel est assez typiquement plaisant pour une restauration de cet ordre, avec une finesse et une patine argentique efficacement retrouvée (captures 4, 8 et 10).

Les 400 coups souffrent en partie de cet aspect, mais dans une moindre mesure. C’est dommage car cela nivelle un peu l’apport offert par rapport à l’ancien master HD, aujourd’hui largement dépassé sur bien des points (comme les comparaisons ci-dessous le montrent). Celui-ci montre en effet une texture épaisse et sans aucun doute accentuée artificiellement, ce qui n’aide pas (au contraire) à offrir pour autant plus de détails. Cet aspect est totalement éliminé par la nouvelle restauration, qui permet de retrouver une texture argentique bien plus naturelle (captures 2, 4 et 6 par exemple) et des détails fins sans artifices (captures 12 et 20 par exemple), d’autant que le travail de nettoyage et de stabilisation est bien plus efficace que celui effectué pour l’ancien master, qui montrait notamment encore de nombreuses instabilités. De même, l’étalonnage s’avère bien plus parcimonieux et moins balourd, en particulier avec les hautes lumières qui étaient largement maltraitées par l’ancien master HD. Pour autant, on retrouve donc, mais dans une bien moindre mesure, le traitement assez notable des basses lumières, tant du point de vue de l’étalonnage que du grain. Cela génère trois conséquences paraissant discutables. Déjà, cela fait régulièrement disparaître les détails des zones sombres (les mailles du pull sur les captures 10 vs 11 et 14 vs 15, les détails des uniformes comme les poches pectorales et les ombres des vêtemets épousant les silhouettes des pensionnaires sur les captures 26 vs 27). Ensuite, comme les noirs sont nettement décollés, ces zones sont grisâtres sans pour autant proposer de détails, et paraissent ainsi grisâtres et sans vie, comme si l’image était tout simplement voilée (captures 14, 18 et 24). Enfin, ces zones sombres paraissent régulièrement lisses, comme en partie dégrainées, ce qui appuie là encore l’impression d’un rendu finalement électronique. On notera que même David Mackenzie y perd son encodage dans quelques aplats sombres (capture 7). Tout cela tend à décevoir car on espérait ne pas avoir à peser le pour et le contre, d’autant plus sur le film le plus iconique du coffret.

Les trois films couleurs paraissent finalement plus convaincants dans leur ensemble. Au niveau de leur texture déjà, les trois films ne montrent aucune des remarques faites à propos des 400 coups ou d’Antoine et Colette. Le résultat est d’ailleurs particulièrement granuleux, mais ce de façon homogène et organique, paraissant ainsi offrir un rendu argentique assez naturel (y compris, donc, dans les zones plus sombres). Cela appuie par ailleurs l’upgrade sur les précédents masters HD, au rendu bien plus épais et parfois plus lisses aussi, là où l’on retrouve ici un excellent niveau de détails fins sur l’ensemble des trois films (capture 3 de Baisers volés, 9 de Domicile conjugal ou 3 de L’amour en fuite). Les nouveaux étalonnages s’éloignent là aussi de ceux des anciens masters, beaucoup plus neutralisés ou possédant sinon une dérive magenta sans doute plus fidèle aux idéologies d’étalonnage restauré d’il y a 15-20 ans qu’aux volontés d’origine des équipes des films. On trouve ainsi des étalonnages souvent assez nettement chauds et saturés (captures 3 et 5 pour Baisers volés, capture 9 pour L’amour en fuite) et au contraste assez marqué, n’hésitant cette fois-ci pas à coller un peu plus les noirs (captures 2 et 9 de L’amour en fuite). Cela n’empêche cependant pas à la fois une nuance dans le traitement du contraste et de la luminosité, mais surtout de retrouver des ambiances assez variées, entre chaque film comme au sein même des films. Tout ceci est appuyé par une stabilité (du cadre comme des couleurs) et une propreté excellentes, et une compression ne montrant, cette fois-ci, pas de faiblesse à gérer tout cela. On notera cependant quelques plans un peu plus ternes sur Domicile conjugal (captures 8 et 13), et des extraits de films logiquement en retrait dans L’amour en fuite.

Notes : Les 400 coups : 7.5 / Antoine et Colette : 6.5 / Baisers volés : 9 / Domicile conjugal : 8.5 / L’amour en fuite : 9

On notera par ailleurs que Les mistons est ici proposé dans une « restauration HD » sans chichis mais particulièrement plaisante.

Son

Note : 7 sur 10.

Le rendu sonore s’avère assez décevant sur Les 400 coups. La piste parait sous-mixée, mais même avec le volume remonté, elle sonne excessivement creuse et voilée. Le rendu des voix en particulier semble très daté, tout comme les effets sonores urbains, et il est possible que la quasi absence de fréquences au-dessus de 7.5 kHz explique cela, mais la piste manque aussi de rondeur dans les graves. La musique, elle, ressort bien mieux, créant une certaine hétérogénéité sonore paraissant déséquilibre le mixage. Cet aspect se retrouve, dans une très légère moindre mesure, sur Antoine et Colette, mais sa piste son partage sinon un rendu sonore très similaire.

Cela s’améliore un peu plus sur Baisers volés et Domicile conjugal, dont les voix paraissent plus claires et se projetant un peu mieux. Cela ré-équilibre aussi leurs mixages.

C’est finalement L’amour en fuite qui parait le mieux s’en sortir, pour un résultat encore assez plat et monocorde, mais qui a le mérite de ne plus avoir cet aspect excessivement étriqué et voilé.

Dans les cinq cas cependant, les pistes paraissent efficacement nettoyées et stabilisées.

Notes : Les 400 coups : 6 / Antoine et Colette : 6.5 / Baisers volés : 7 / Domicile conjugal : 7 / L’amour en fuite : 7.5

Suppléments

Chaque disque embarque son lot de bonus, tous d’archives mais dont une bonne partie ici ont été exhumés par Jérôme Wybon, dans une logique éditoriale similaire à celle appliquée au Dernier métro ou, surtout, au coffret Truffaut paru chez Arte / L’atelier d’images, offrant ainsi à la fois une certaine exhaustivité vis-à-vis des bonus inclus sur les précédentes éditions des films mais les complétant en plus de très belle manière.

Les 400 coups :

  • Commentaire audio de Robert Lachenay et Serge Toubiana
  • Présentation du film par Serge Toubiana (4 min 27, 1080p upscalé, 2001)
  • Cinéastes de notre temps : Truffaut ou l’esprit critique (4 min 35, 1080p upscalé, 1965) : le réalisateur revient sur les indications données à Léaud lors de la scène où Antoine Doinel déclare que sa mère est morte, et discute de l’influence de Hitchcock pour le découpage de la scène où son père le gifle
  • L’invité du dimanche (2 min 01, 1080p upscalé, 1969) : Truffaut évoque son premier film et son héros Antoine Doinel
  • Les essais des comédiens (6 min 44, 1080p upscalé)
  • Bande annonce originale du film (3 min 57, 1080p upscalé)
  • Court-métrage Les mistons (18 min 35, 1080p joliment restauré en HD, 1957), avec commentaire audio optionnel de Serge Toubiana et Claude de Givray, et accompagné en bonus d’une présentation par Serge Toubiana (1 min 49, 1080p upscalé, 2001)

Antoine et Colette / Baisers volés :

  • Commentaire audio sur Antoine et Colette par Marie-France Pisier et Serge Toubiana
  • Commentaire audio sur Baisers volés par Claude Jade, Claude de Givray et Serge Toubiana
  • Présentations de Antoine et Colette (1 min 47, 1080p upscalé, 2001) et de Baisers volés (3 min 32, 1080p upscalé, 2001) par Serge Toubiana
  • Le carousel aux images (8 min 12, 1080p, 1968) : le journaliste Sélim Sasson s’entretient avec François Truffaut sur les États généraux du cinéma français et sur Baisers volés
  • Cinéastes de notre temps – 10 ans, 10 films (9 min 00, 1080p upscalé, 1970) : Truffaut discute de l’apprentissage professionnel et amoureux de son héros
  • Cinéastes de notre temps – Rushes (7 min 58, 1080p upscalé, 1970) : Truffaut parle de la création de Baisers volés, de l’écriture et du choix des scènes
  • Extrait d’un JT de France 3 Auvergne (3 min 01, 1080p upscalé, 1975) : interviewé sur le tournage de L’Argent de poche, François Truffaut revient sur Baisers volés
  • Spot de soutien à Henri Langlois (1 min 24, 1080p upscalé, 1968)
  • Bande annonce originale de Baisers volés (4 min 02, 1080p upscalé)

Domicile conjugal :

  • Commentaire audio de Claude Jade, Claude de Givray et Serge Toubiana
  • Présentation du film par Serge Toubiana (3 min 33, 1080p upscalé, 2001)
  • Cinéastes de notre temps – 10 ans, 10 films (5 min 25, 1080p upscalé, 1970) : Truffaut et son co-scénariste Bernard Revon préparent l’écriture et le tournage de Domicile conjugal
  • Variances (6 min 13, 1080p upscalé, 1970) :  Truffaut insiste sur l’importance de ses souvenirs personnels qui viennent nourrir ses scénarios
  • Midi Magazine (3 min 46, 1080p upscalé, 1970) : François Truffaut et l’actrice Claude Jade sont interviewés sur le tournage de Domicile conjugal
  • Première-Magazine (10min 17, 1080p upscalé, 1970) : Truffaut passe en revue l’évolution du personnage d’Antoine Doinel pour la télévision flamande
  • Biennale du salon de la TV et de la radio (3 min 23, 1080p upscalé, 1970) : Claude Jade parle de son personnage et de la complémentarité du couple formé par Antoine et Christine Doinel
  • Nord Actualités (4 min 04, 100p upscalé, 1970) : à l’occasion de la sortie de Domicile conjugal, François Truffaut revient sur les films qui composent jusque là le cycle Antoine Doinel
  • Bulletin d’informations (10 min 52, 1080p upscalé, 1970) : à Bruxelles, François Truffaut parle d’écriture et de cinéma, et vante les mérites de la cassette vidéo, qui selon lui modifiera les pratiques culturelles des spectateurs sans nuire au cinéma
  • Travailler avec Truffaut (45 min 06, 1080p upscalé, 1986-2003) : interviews des co-scénaristes Claude de Givray et Bernard Revon, réalisés à l’origine en 1986 pour un documentaire sur Truffaut mais dont seules quelques minutes avaient été utilisées. Le matériel complet a été sauvé et ré-édité en 2003 et est proposé ici
  • Bande annonce originale du film (3 min 16, 1080p upscalé)

L’amour en fuite :

  • Commentaire audio de Marie-France Pisier et Serge Toubiana
  • Présentation du film par Serge Toubiana (4 min 05, 1080p upscalé, 2001)
  • Ciné-regards (3 min 35, 1080p upscalé, 1979) : l’actrice Marie Dubois présente le film de la semaine, L’Amour en fuite, pour l’émission Ciné-regards
  • Salle des fêtes : Cinéma (3 min 41, 1080p upscalé, 1979) : Marie-France Pisier, Claude Jade et Dorothée présentent leur rôle respectif dans la saga puis racontent comment François Truffaut les a chacune découvertes
  • Spécial Cinéma (20 min 36, 1080p upscalé, 1979) : interviewés pour cette émission suisse, la co-scénariste et assistante réalisatrice Suzanne Schiffman revient sur la série Antoine Doinel, Marie-France Pisier parle de son désir de construire des personnages féminins forts face à Doinel, et Jean-Pierre Léaud aborde le sentiment étrange de se sentir vieillir devant la caméra, et sa proximité « émotive » avec François Truffaut
  • Bande annonce originale du film (2 min 38, 1080p upscalé) et bande annonce 2021 des Aventures d’Antoine Doinel (1 min 37, 1080p)

Matériel de test :

ImagePanasonic TX-PF50G20S
SourceZone B : PS3 Slim 250 Go | Zone A : Panasonic BDT-110
SonYamaha RX-V467
EnceintesKit 5.0 : Jamo S606 | Caisson : Jamo Sub210

Scan disc :

Les 400 coups :

Taille Disque33,240,051,025 bytes
Taille Film26,316,064,320 bytes
Encodage VidéoMPEG-4 AVC Video / 31909 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Encodage Audio – VOFrench / DTS-HD Master Audio / 1.0 / 48 kHz / 1023 kbps / 24-bit (DTS Core: 1.0 / 48 kHz / 768 kbps / 24-bit)

Antoine et Colette :

Taille Disque42,174,914,955 bytes
Taille Film7,499,013,696 bytes
Encodage VidéoMPEG-4 AVC Video / 29359 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Encodage Audio – VOFrench / DTS-HD Master Audio / 1.0 / 48 kHz / 1022 kbps / 24-bit (DTS Core: 1.0 / 48 kHz / 768 kbps / 24-bit)

Baisers volés :

Taille Disque42,174,914,955 bytes
Taille Film26,586,209,664 bytes
Encodage VidéoMPEG-4 AVC Video / 35282 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Encodage Audio – VOFrench / DTS-HD Master Audio / 1.0 / 48 kHz / 1028 kbps / 24-bit (DTS Core: 1.0 / 48 kHz / 768 kbps / 24-bit)

Domicile conjugal :

Taille Disque44,953,493,993 bytes
Taille Film28,031,499,648 bytes
Encodage VidéoMPEG-4 AVC Video / 34846 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Encodage Audio – VOFrench / DTS-HD Master Audio / 1.0 / 48 kHz / 1032 kbps / 24-bit (DTS Core: 1.0 / 48 kHz / 768 kbps / 24-bit)

L’amour en fuite :

Taille Disque33,834,326,324 bytes
Taille Film27,235,384,704 bytes
Encodage VidéoMPEG-4 AVC Video / 34655 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Encodage Audio – VOFrench / DTS-HD Master Audio / 1.0 / 48 kHz / 1035 kbps / 24-bit (DTS Core: 1.0 / 48 kHz / 768 kbps / 24-bit)

Captures d’écran HD :

Les 400 coups :

Les mistons :

Antoine et Colette :

Baisers volés :

Domicile conjugal :

L’amour en fuite :

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