Test Blu-ray : Le bon, la brute et le truand (MGM/Fox)

PaysFrance
EditeurMGM/Fox
Date de sortie21 mai 2014
Support1 BD-50
RéalisateurSergio Leone
Durée180 min
ZoneABC
Format d’image2.35
LanguesAnglais (DTS HD MA 5.1 & DD 1.0 192kbps), Français DTS 5.1 (+ Allemand, Espagnol, Portugais)
AudiodescriptionNon
Sous-titresFrançais optionnels, Anglais sourds et malentendants (+ Allemand, Espagnol, Portugais, Néerlandais, …)

Image

Note : 8.5 sur 10.

Après une 1ere sortie HD mitigée en 2009 (car reprenant l’intégralité de ces défauts), et après une édition spéciale Italienne chez Mondo (un cran au dessus), MGM est reparti générer une nouvelle source 4K, avec l’aide du laboratoire de Bologne L’immagine ritrovata, sous conseil de Sergio Salvati, assistant cameraman de Leone sur Le bon, la brute et le truand avant de devenir chef opérateur récurrent de Lucio Fulci.

Ne cherchons pas midi à 14h : l’image des anciennes éditions vidéo du film a toujours été trop froide, elle est maintenant… trop jaune (ou plus précisément dorée).

Qui a tort ? Qui a raison ? Il est fort probable que la vérité se situe entre les deux colorimétries (soit environ la palette obtenue sur l’édition Italienne Mondo). En 2014, l’édition MGM / Immagine ritrovata nous propose donc des ciels turquoises, des peaux jaunes et une saturation générale bien tranchée. Le contraste a aussi été ré-ajusté, et génère en général des zones d’ombre plus prononcés, mais la dominante jaune du film tend à générer des noirs bleutés. Enfin, certains plans de nuit sont bien plus sombres qu’auparavant (un mal pour un bien : on perd légèrement en détails mais on gagne en cohérence, l’ancienne colorimétrie laissant l’impression de plans tournés en nuit américaine ratée).

Il est évident que cette colorimétrie nouvelle ne laisse pas de marbre. Pourtant, la validation de Sergio Salvati devrait pouvoir tasser certains doutes, mais la différence est telle qu’on en vient surtout à se rappeler que Salvati reste un homme, à la mémoire toute aussi humaine que la vôtre et la nôtre. Après tout, Giuseppe Rotunno a bien validé 2 résultats complètement différents du Guépard de Visconti… C’est ici d’autant plus gênant qu’il n’existe plus de copie d’époque du Bon, la brute et le truand pour pouvoir valider l’une ou l’autre colorimétrie. Pour autant, il faut aussi rendre à César ce qui lui appartient : sans point de comparaison, cette colorimétrie n’est pas toujours gênante durant le visionnage, en particulier durant les séquences en intérieur. Les séquences en extérieur, par contre, voient cette dominante jaune être particulièrement visible.

Bref, en une phrase comme en mille : visiblement, la dérive dorée est trop importante pour être honnête.

Après tout cela, qu’en est-il de la qualité plus générale de ce nouveau Blu Ray ? Hormis une poignée de plans en retrait (ainsi que les plans avec sur-impression de titres), la copie 2014 est magnifique. La précision de la nouvelle copie devrait mettre tout le monde d’accord : fini le filtrage pourri, la beauté d’une numérisation 4K et d’une restauration bien faite se fait instantanément sentir (hors colorimétrie, évidemment). Stabilité et propreté impeccable, joli grain fin typique d’une numérisation 4K récente, pas de filtrage numérique, précision implacable tant sur les gros plans chers à Leone que les plans larges magnifiques, peu de chance de trouver à redire de ce côté. Sur ce point, ce nouveau disque enterre nettement le précédent, et même le Blu Ray Italien (même si le match y est plus serré).

Au final, difficile de noter le disque si l’on tient compte de la nouvelle colorimétrie. La dominante jaune est puissante, mais la précision générale est telle qu’on ne peut décemment diviser par deux la note. En l’état, celle ci reflète donc la définition générale de l’image en estimant que la colorimétrie est discutable mais pas handicapante.

Aux USA, Kino se sont attelés à un ré-étalonnage de cette restauration pour leur sortie Blu-ray d’août 2017, avec aussi la volonté de corriger certaines erreurs (montage, piste son, etc), mais le résultat fut malheureusement à nouveau décevant, d’une part car les corrections de couleurs sont loin d’être convaincantes, mais aussi car toutes les erreurs n’ont pas été corrigées… et que les bonus ont en plus été encodés avec les pieds au point d’être quasi irregardables. Un comble.

Son

Note : 7 sur 10.

Côté son, au moins, on ne pourra pas crier au révisionnisme made in 2014 : c’est le même remixage bancal qu’en 2009. Comme ça, au moins, c’est fait. Et comme la version longue du film est toujours la seule incluse ici, il contient aussi les dialogues ré-enregistrés en 2002. Même chose pour la VF, toujours présentée en DTS 5.1 mi-débit. Le résultat est donc toujours ce remixage par moment peu naturel, avec des dialogues soudainement ultra-séparés ou des effets surrounds parfois très efficaces, les coups de feu ré-enregistrés, et dans l’ensemble un rendu sonore pas assez ample et légèrement sourd. Le plus probable reste que les éléments sonores ont toujours été limités, et que ce remixage, partant sur une piste mono où la musique et les effets sonores étaient inséparables, reste une tâche ardue qui ne pourra jamais produire de miracles. Cependant, il faut avouer que la partition de Morricone sonne particulièrement bien et continue, presque 50 ans plus tard, de donner des frissons…

La VF n’est pas beaucoup mieux lotie, avec globalement les mêmes limites et problèmes, et avec une tonalité plus grave que la VO. La musique est malheureusement la plus touchée, avec un rendu bien moins rond et ouvert.

Cependant, le gros problème sonore de l’édition 2014 reste l’absence de piste d’origine pour pouvoir, en tant que spectateur, contourner le problème que pose ce remixage 5.1. En effet, alors que cette nouvelle restauration fut accompagnée à Cannes de la véritable bande son d’origine (et non ce remixage moderne), la VO mono incluse ici en DD 1.0 192 kbps n’est en fait… que le remixage 5.1 encodé en mono. Autant dire que c’est une grosse déception, cette piste étant de fait complètement inutile puisqu’elle n’apporte strictement rien, hormis une VO mono lossy…

En définitive, le son aussi possède une approximation fortement visible, plus encore que l’image. On verra donc dans l’hypothétique (mais quasi certaine) prochaine édition du film si la piste mono d’origine (ou un nouveau remixage plus respectueux) refait surface…

A noter que la FOX a depuis effectué une discrète ré-édition du disque avec la véritable VO mono, notamment en Angleterre, mais il reste difficile de dire pour sûr comment mettre la main dessus sans vérifier par soi-même après l’achat.

Suppléments

Malheureusement, ce nouveau Blu Ray se contente de reprendre les bonus existants, créés en 2004 pour l’édition 2 DVD du film. La très grande majorité des bonus sont en 480i, mais une poignée d’entre eux ont l’honneur d’une présentation légèrement mise à jour, soit en 1080i, soit en 1080p.

L’intégralité de ces bonus sont sous-titrés en français, commentaires audio inclus.

  • Commentaire audio de l’historien du cinéma Richard Schickel
  • Commentaire audio de Christopher Frayling, biographe de Sergio Leone
  • L’ouest de Leone (19 min 55, 480i)
  • Le style de Leone (23 min 48, 480i)
  • L’homme qui perdit la guerre civile (14 min 23, 480i)
  • Reconstituer Le bon, la brute et le truand (11 min 09, 480i)
  • Il Maestro : Ennio Morricone et Le bon, la brute et le truand – 1ere partie (7 min 48, 480i)
  • Il Maestro : Ennio Morricone et Le bon, la brute et le truand – 2eme partie (12 min 26, 1080i, audio uniquement)
  • 2 scènes inédites (ou plutôt coupées, devrait-on dire en 2014…) : Scène intégrale de la torture de Tuco (7 min 14, 1080p, en Italien sous-titré) et La séquence de Socorro, reconstituée à partir d’archives (3 min 01, 480i)
  • 4 courtes vignettes (anciens bonus cachés du DVD) : Uno duo tre (40 sec, 480i), Repas à l’italienne (43 sec, 480i), Être un acteur new yorkais (9 sec, 480i) et Mettre le flingue dans son étui (59 sec, 480i)
  • Bande annonce cinéma (3 min 21, 1080p) et Bande annonce française (3 min 30, 480i)

Matériel de test :

ImagePanasonic TX-PF50G20S
SourceZone B : PS3 Slim 250 Go | Zone A : Panasonic BDT-110
SonYamaha RX-V467
EnceintesKit 5.0 : Jamo S606 | Caisson : Jamo Sub210

Scan disc :

Taille Disque49,330,313,971 bytes
Taille Film42.932.496.384 bytes
Encodage VidéoMPEG-4 AVC Video / 23165 kbps / 1080p / 23.976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Encodage Audio – VOEnglish / DTS-HD Master Audio / 5.1 / 48 kHz / 2916 kbps / 24-bit (DTS Core: 5.1 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Encodage Audio – VOEnglish / Dolby Digital / 1.0 / 48 kHz / 192 kbps
Encodage Audio – VFFrench / DTS Audio / 5.1 / 48 kHz / 768 kbps / 24-bit

Captures d’écran HD :

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